Après avoir exploré durant 20 ans les arcanes de la peinture et de la matière avec l'acrylique, les collages, les superpositions de matériaux, le geste s'est peu à peu adouci pour s'orienter vers des techniques plus réflexives prenant en compte l'univers de la photographie. C'est tout d'abord la dualité création publicitaire et artistique qui a fait émerger une pratique originale prenant appui sur les polaroids de travail pour détoumer l'image "utile" vers un univers plus onirique. Ce questionnement sur l'image s'est accentué lorsque l'évolution technologique a imposé la pratique informatique à l'illustration publicitaire. La création numérique s'est alors insinuée peu à peu dans les interstices productifs pour enfin prendre toute sa place dans la pratique artistique. Le paradoxe veut que cette technique qui développe une certaine froideur et accroit la distance de perception entre l'image et son "regardeur", soit utilisée à contre-emploi pour revivifier des instants du passé. La numérisation de ses propres jouets va bien au-delà de cet acte "médical" qui tente de faire ressurgir ces moments d'insouciance créative mais participe aussi à la mise en abîme de ces jeux enfantins en s'interrogeant sur la furtivité et l'éloquence de l'image reconstruite.

Ce travail s'articule autour de la problématique du souvenir, de l'enfance, du jouet. La photographie numérique et la numérisation de ses propres figurines visent à retrouver l'impression de vie, de réalité qu'il voyait alors dans ses personnages et qui se confondent maintenant avec les photographies des stars de cinéma du studio Harcourt d'alors. Les retouches photos, les "mat painting" ainsi que les mises en scène baroques ne font qu'exacerber ce besoin d'évasion poétique qui se trouvait déjà dans ses scénarios ludiques d'enfant.
La nostalgie est toujours ce qu'elle était.